GENERAL ROLLET, LEGION ETRANGERE,kepi blanc,

Le général ROLLET : Paul Frédéric ROLLET est né le 20 décembre 1875 à Auxerre, où son père, capitaine d'infanterie de ligne, tenait garnison. Au fil des affectations successives de ce père au physique vigoureux, à l'intelligent prompte et déliée, au caractère impulsif, "foncièrement discipliné sans en avoir toujours l'apparence", écrira le général Torcy en 1902, le jeune garçon apprend, en spectateur privilégié, les nécessités de la vie militaire. Il apprend aussi, héritage dont il ne cessera d'user toute sa vie, qu'un homme digne de ce nom doit savoir défendre ses idées avec ténacité quand il est persuadé de sa justesse, au risque même de se faire des ennemis si le sujet en vaut la peine. Pour Paul Rollet le sujet va très vite envahir son existence : ce sera la Légion. Il y est affecté, jeune lieutenant de 24 ans, en décembre 1899, après deux ans sans histoire à l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr et trois ans de garnison au 91 ème R.I. dans les Ardennes, pendant lesquels il parachève ses classes. Une grande histoire d'amour commence, que l'on suit à toutes les lignes d'un "état signalétique et des services" habituellement moins sentimental. En 1901, le lieutenant Rollet sert au 1er Etranger dans le Sud-Algérien et a la chance de participer à la colonne d'Igli sous les ordres du déjà légendaire commandant Brundseaux, qu'il retrouvera au Bataillon Etranger de Madagascar. Y servant successivement comme officier payeur, puis comme adjoint d'un commandant de secteur, enfin comme responsable du plan de défense d'Anosiravo (Diego-Suarez), Rollet achève le tour d'horizon de toutes les activités d'un officier de rang. Il est prêt à exploiter sa formation. Rentré en Afrique du nord en 1905, il devient rapidement l'archétype du chef, dans une compagnie montée. Sillonnant les confins algéro-marocains à la tête de son unité de légionnaires et de mulets, il trace des pistes, creuse des puits, cimente les liens avec les tribus, combat les irrédentistes marocains de la région d'Oujda, trouve le temps de rédiger un document particulièrement détaillé sur l'organisation et la marche d'une colonne qui prendra bientôt force de règlement. Il galvanise en permanence sa troupe, qui suivrait en enfer son capitaine "Espadrille" (nommé capitaine en 1909), ainsi baptisé d'après un détail vestimentaire qui lui permet d'être un marcheur infatigable. En 1911, Rollet et sa compagnie sont affectés au corps de débarquement de Casablanca qui mènera campagne au Maroc. Dix-huit affaires, combats, attaques, coup de mains s'inscrivent à son dossier, ainsi que deux citations, consacrant sa réputation de baroudeur. Héros de 14 -18 Que peut faire un guerrier lorsqu'éclate un conflit majuscule sinon marcher au canon ? En 1914, Rollet ne pouvant se satisfaire de la réduction obligée des opérations au Maroc, même sous les ordres de Lyautey devenu son ami, se résout à être infidèle à la Légion. Il obtient son affectation sur le front de France, où très vite il prend le commandement du 31ème régiment d'infanterie. Avec lui, il combat à Longwy, à Laimont, à Vauquois. Il entraîne ses réservistes jusqu'à en faire un corps d'élite qui va s'illustrer en Argonne en 1915, sur la Somme en 1916, sur l'Aisne en 1917. Et voilà qu'à la mort du colonel DURLEZ, autre preux, on lui donne le commandement du Régiment de Marche de la Légion Etrangère (R.M.L.E.), le 18 mai 1917. Retrouvant ses légionnaires, il en fera le régiment le plus décoré de l'armée française, pour lequel le gouvernement devra même "inventer des décorations nouvelle" tant sont grands son courage, son efficacité et ses sacrifices. Cumières, Flirey, le bois du Hangard, Soissonnais, la Montagne de Paris, Chaudun, le plateau de Laffaux, la ligne Hindenbourg, autant de noms qui sont passés dans le glorieux martyrologe de la guerre de 1914 - 1918 et dont le souvenir du R.M.L.E. reste indissociable. Comme celui de Rollet, âme et drapeau de ses hommes. Connu dans le monde entier pour ses actions d'éclat, ce quêteur d'absolu n'estime pas que le temps soit au repos satisfait. En 1919, il rejoint le Maroc, avec son régiment toujours, qui devient le 3ème Régiment étranger d'infanterie. Retrouvant des "maréchaux" de Lyautey, il découple ses bataillons à travers le moyen atlas, sans cesse au milieu d'eux pour les soutenir, les aiguillonner, ou les défendre contre les difficultés morales et les pénuries de relève. Dix ans à Bel-Abbès Son élévation dans la hiérarchie s'est accompagnée de l'élaboration d'un programme de formation, de sélection et d'emploi de la Légion. Il ne pourra convaincre Paris d'appliquer ce programme au seul Maroc, mais son entêtement et sa réputation le feront choisir en 1925 pour commander le 1er étranger, la maison-mère de Sidi-Bel-Abbès. Il y restera dix ans, colonel chef de corps d'abord, puis à partir de 1931 et des inoubliables fêtes du centenaire de 1931 qu'il a organisées, général de brigade, inspecteur de la Légion, poste nouveau créé pour lui. Tous ceux qui n'avaient pas encore eu l'occasion de subir le magnétisme de ses yeux d'acier et de goûter son enthousiasme tonique vont être à leur tour envoûtés par ce preneur d'hommes. Il n'avait pourtant qu'un secret : tout donner aux autres pour pouvoir tout leur demander. Cette règle informulée, il l'appliquera, avec une confiance sans faille, jusqu'à sa mort, survenue le 16 avril 1941. Retiré du service actif en décembre 1935, il a consacré ses dernières années avec l'engagement total dont il était coutumier, à ses anciens, galvanisant leurs amicales dont il réussit à faire de véritables sociétés d'entraide, utilisant sans vergogne ses amis et sa célébrité pour apporter aux innombrables quémandeurs qui monopolisaient son courrier, le soutien, le secours, l'embauche, la naturalisation, l'appui qu'il leur estimait dûs. En 1938, il est élu président de l'Association nationale des Gueules Cassées : un dévouement de plus… Comment s'étonner qu'une telle succession de dons de soi, aux hommes et aux armes, qu'un tel caractère rigide et pourtant profondément compatissant, qu'un pareil héraut des vertus qu'ils veulent les leurs, aient définitivement conquis les légionnaires. Quand Rollet les regarde, du mur de leur baraquement, leur dos se redresse et leurs bras s'affermissent. Il leur a donné la pureté de cœur, et la fierté de servir. "Rollet, l'homme aux cent batailles, aux balafres sarcastiques, à la croix de guerre longue comme une épée, couverte d'une forêt de palmes et de mille et une nuits d'étoiles, le héros des plus pures légendes, le premier légionnaire de France, ce guerrier prestigieux de la grande épopée, ce vert capitaine de la Renaissance égaré par miracle dans cette fade époque platement barbare, ce soudard magnanime qui aimait le vin, le poivre, le piment et les femmes…"
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